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Chuchuwayha : Homme et Nature en Similkameen






Financement :
  • Commission consultative des recherches archéologiques à l’étranger, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
  • Consulat général de France à Vancouver
  • Upper Similkameen Indian Band (https://usib.ca)
  • LSCE/LMC14
  • Edytem (https://edytem.osug.fr)
  • University of British Columbia, Museum of Anthropology
Durée : 2018-2026
Coordination : Anita Quiles


Le site de Chuchuwayha (Colombie Britannique, Canada) est un site archéologique dont les dimensions patrimoniales s’inscrivent dans les valeurs culturelles portées par la communauté des Upper Similkameen Indian Band (USIB). Situé au pied d’un escarpement granitique, il conserve un dispositif rupestre sacré réalisé à base d’ocre et s’inscrit dans un contexte naturel et paysager à fort sens pour les membres de la communauté USIB. C’est à leur demande qu’a été monté en 2015 ce programme de recherches archéologiques Chuchuwayha : Homme et Nature en Similkameen, avec l’objectif « d’apporter des réponses à leurs questions sur le passé, pour le futur de leurs enfants ». Il cherche à restituer un cadre chronologique complexe des niveaux culturels identifiés, de l’art rupestre associé, et plus largement, de la vie du site.

L’étude a été dessinée avec l’ambition d’y mener une approche des temps intégrant tout autant les temps des hommes que ceux de la nature. Sa localisation le rend en effet particulièrement adapté à une étude archéologique intégrée de son environnement physique, naturel et anthropique, car il a enregistré les différents événements qui ont marqué son évolution morphogénique et conservé ces informations dans un état exceptionnel de préservation. Le projet se décline suivant une approche multiscalaire du site, à la fois spatiale et temporelle, mobilisant les champs de l’archéologie, de l’ethnoarchéologie et de l’anthropologie, mais aussi des sciences des archéomatériaux et des géosciences. Différentes stratégies analytiques sont investies sur des supports d’étude variés, à la fois anthropiques et naturels, qui s’appuient sur une vaste étude archéologique. Des méthodes de datations plurielles sont appliquées aux supports pariétaux ainsi qu’aux objets archéologiques et aux archive naturelles (datations 14C, datations par les cosmogéniques, désintégration dans la famille de l’uranium, OSL).

Archives naturelles

Contextualiser les différentes phases de fréquentation du site de Chuchuwayha dans l’évolution de son cadre géographique passe par une étude géomorphologique multiscalaire. Il s’agit d’aborder les spécificités physiques du site de Chuchuwayha en les replaçant dans l’évolution de la vallée de la Similkameen depuis le retrait du glacier qui l’occupait lors du dernier grand maximum glaciaire quaternaire. Comprendre l’évolution morphogénique de la vallée et les différents processus responsables de sa facture paysagère actuelle est essentielle pour appréhender les contraintes qu’ont pu rencontrer les communautés passées lors de leur déplacement et aussi pour mesurer les changements morphogéniques et d’accès aux sites au moins durant les phases d’occupation identifiées par les études archéologiques. Enfin replacer les spécificités du cadre physique du site dans l’évolution plus générale de la vallée permet de mieux comprendre les modalités de sédimentation dans l’abri sous roche et la conservation des formations sédimentaires. Ainsi, les relations du site de Chuchuwayha avec les grandes formes qui composent l’architecture de la vallée ont été étudiées par l’approche géomorphologique.
  • La cartographie géomorphologique permet de discriminer les processus naturels des aménagements anthropiques
  • La cartographie géomorphologique 3D à haute résolution spatiale mobilisée distingue la nature morphogénique et la temporalité des différents événements responsables de la facture actuelle du relief. L’emboitement des morphologies et des différentes natures de matériau présents sur le site pose les bases d’une chronologie relative.
  • La datation par cosmogénique permet de déterminer l’âge de la mise en place du site avant qu’il soit investi par les hommes et durant leurs fréquentations.
  • Fouilles archéologiques

    Les fouilles archéologiques sont menées au pied de la paroi supportant les inscriptions rupestres, aux travers de deux principaux secteurs de fouilles ayant désormais atteint une puissance de dépôt de plus de 2m. L’étude du matériel archéologique issu des fouilles se décline en plusieurs axes.
  • L’analyse de la culture matérielle et en particulier de certaines catégories d’outillage lithique.
  • L’étude stratigraphique des niveaux sédimentaires et archéologiques recoupés par les fouilles est un solide support d’analyse de l’évolution des sols du site tout au long du temps des fréquentations humaines.
  • Les études archéozoologiques et archéobotaniques documentent les niveaux anthropisés pour fournir des données de comparaison, en particulier sur les questions de chronologie relative.
  • Les analyses sédimentologiques et granulométriques dressent une vision diachronique des variations climatiques et environnementales sur toute la puissance des dépôts sédimentaires investis.
  • Les datations 14C cherchent à soutenir des modèles chronostratigraphiques à haute résolution, capables de distinguer les temps de fréquentation du site par l’homme de ses périodes d’abandon
  • Études des parois

    Les pictographes rouges ont été réalisés à partir de pigment minéral sur des parois granitiques ayant évolué au cours du Pléistocène (glaciations et post-glaciaire), puis ont été recouvertes d’encroûtements silico-calciques pouvant constituer un support à datations. Une approche croisée par les méthodes du 14C et de la désintégration dans les familles de l’Uranium de ces dépôts permettra de fixer des termini post/ante quos à la réalisation des dessins. Pour cela, il convient d’abord de caractériser ces dépôts d’un point de vue physico-chimique, mais aussi de comprendre leurs histoires, formations et évolutions.

    L’intégration dans une même chaîne de raisonnement des temporalités inscrites dans les morphologies, les sédiments et les vestiges archéologiques, offrira à terme un modèle chronologique robuste de l’évolution du site de Chuchuwayha. Ce modèle vise à la fois à restituer dans le temps les fréquentations humaines passées tout en les associant aux reconstitutions des paléo-paysages.